Blog · Série « Erreurs d'entreprise »
PCSOFT dit 500 là où je comptais 10 000 : j'ai corrigé mon calculateur, à la baisse
Depuis juin, je maintiens un calculateur qui chiffre ce que la nouvelle tarification PCSOFT coûte à une entreprise. Fin juillet, PCSOFT a publié une vidéo qui explique son propre comptage. Elle contredit ce que j'avais lu sur ses pages. J'ai donc corrigé mon outil, et les chiffres baissent.
Je préfère le dire moi-même plutôt que de l'apprendre par un commercial devant un client.
Ce que PCSOFT a précisé
Jusque-là, les pages officielles définissaient une session comme la combinaison d'un compte utilisateur, d'une machine, d'une application et d'un type de base de données. Lue littéralement, cette phrase se multiplie. Un ERP de 10 exécutables attaquant 2 bases, utilisé par 500 personnes, donnait 10 000 sessions.
La vidéo prend exactement cet exemple et répond : 500 sessions. PCSOFT écarte explicitement le calcul multiplicatif. Deux règles en sortent :
- une session, c'est un exécutable utilisé par un utilisateur sur une machine, que l'application attaque une base de données ou aucune. Le type de base ne compte plus ;
- les exécutables d'une même solution se regroupent. L'unité facturable, c'est la solution, pas l'application.
C'est une bonne nouvelle pour vous, et je n'ai aucune raison de la garder pour moi.
Ce que j'ai corrigé, et ce que ça change à votre estimation
Le type de base de données est sorti du calcul. L'unité de comptage est passée de l'application à la solution. Le produit « utilisateurs × machines » a disparu : il servait de majorant théorique, il était indéfendable (personne ne travaille sur toutes les machines de l'entreprise), et PCSOFT vient de l'écarter lui-même.
Si vous avez utilisé le calculateur avant le 10 août, refaites votre estimation. Elle était trop haute, parfois beaucoup trop.
Un chiffre a aussi bougé dans l'autre sens : sur un engagement de trois ans, l'année 2 est à 150 € par session, pas 100. Je tenais ce 100 d'une publication de réseau social devenue introuvable. La vidéo tranche. La grille reste donc 75 €, 150 €, 225 €, soit un triplement en trois ans, et c'est cela qu'il faut regarder, pas le tarif d'appel.
La fourchette a changé de sens, et c'est le vrai sujet
Mon calculateur affiche toujours deux bornes. Elles ne mesurent plus la même chose.
Avant, elles mesuraient mon incertitude de comptage. Aujourd'hui, elles mesurent votre risque de négociation. Parce que le regroupement des exécutables n'est pas un droit : c'est une faveur commerciale. PCSOFT n'a publié aucune règle permettant de distinguer deux solutions de deux modules d'une même solution.
La borne basse suppose que le regroupement vous est accordé. La borne haute suppose qu'il vous est refusé, et que chacun de vos exécutables est compté. Entre les deux, il n'y a pas de la technique. Il y a une conversation avec un commercial.
J'ai lu les conditions générales de vente. Le mot « session » n'y figure pas
Puisque tout se joue au contrat, je suis allé lire le contrat. Les CGV de PCSOFT en vigueur, version 1.6 du 25 mars 2026, sont publiques. Trois choses méritent votre attention.
Un : le mot « session » n'apparaît nulle part. Ce que les CGV définissent, ce sont des « métriques », c'est à dire « les unités de mesure, modalités de décompte et limites quantitatives servant à définir l'étendue des droits d'utilisation du logiciel », et elles renvoient au bon de commande. Autrement dit : le mot qui détermine votre facture n'est pas défini dans le contrat cadre. Il est défini dans le document que vous signez. Donc il se négocie, et rien n'est acquis par défaut.
Deux : il existe une clause d'audit, et elle est bornée. Un audit maximum tous les douze mois, préavis de dix jours, trente jours pour vous mettre en conformité, et un rattrapage plafonné à vingt quatre mois sauf fraude. Beaucoup de gens imaginent une ardoise sans fond. Elle a un plafond, il est écrit, et le savoir permet de décider de sang froid plutôt que sous la panique.
Trois : ce que vous gardez à l'expiration dépend de votre clé. À l'expiration ou à la résiliation, vous perdez les mises à jour, mais vous conservez l'accès à la « version figée » si vous détenez une clé de sécurité activée. Sans cela, la résiliation entraîne la cessation immédiate des droits d'utilisation. Si vous êtes en abonnement dématérialisé plutôt qu'en dongle, cette phrase vous concerne directement, et elle a une date : la vôtre.
Les questions qu'il faut poser avant de signer
La vidéo clarifie le principe et laisse ouvertes toutes les questions qui font le montant. Voici celles que je poserais par écrit, et que je ferais écrire dans le bon de commande :
- la liste nominative des exécutables regroupés dans chaque solution ;
- le sort des comptes génériques, partagés, techniques et de service, et celui des tâches planifiées ;
- un même compte sur deux machines : une session ou deux ?
- les environnements de test, formation, préproduction et secours sont ils comptés ?
- que se passe t il si votre effectif baisse en cours d'engagement ?
- pour WebDev : cœurs physiques, cœurs virtuels attribués ou puissance réellement utilisée ? Et un serveur passif de secours est il facturé comme un serveur actif ?
- qui paie l'audit si votre déclaration se révèle exacte ?
- l'assiette exacte de la remise, et la garantie de maintien des conditions pendant toute la durée de l'engagement.
Aucune de ces questions n'est théorique. Chacune déplace un montant.
Ce que la correction ne change pas
Le prix reste multiplié par trois sur l'engagement. La redevance porte toujours sur des applications déployées chez vos clients, qui ne sont pas les clients de PCSOFT. Le modèle WebDev reste facturé aux cœurs, à la RAM et désormais au nombre de serveurs, ce qui pénalise directement la haute disponibilité et les plans de reprise. Et la question de fond demeure entière : votre entreprise dépend d'un éditeur qui peut redéfinir l'unité de facturation par une vidéo.
Je dois aussi corriger un argument que je portais et qui ne tient plus. Je disais que découpler l'accès aux données des connecteurs PCSOFT réduisait votre facture de sessions. C'était vrai quand le type de base comptait. Ce n'est plus vrai. Ce découplage garde toute sa valeur (sortie de HFSQL, portabilité, fin du verrou technique), mais il ne fait plus baisser cette facture là. Le seul levier qui la fasse baisser, c'est le nombre de postes, ou la sortie.
Et si vous voulez vous défendre
Des recours collectifs s'organisent. Si le sujet vous concerne, Me Cyril Falhun travaille sur ce dossier et saura vous dire où vous en êtes juridiquement. Je ne suis pas juriste, je suis technicien : mon rôle s'arrête au chiffre et commence à la migration.
Une chose vaut dans tous les scénarios, que vous négociiez, que vous alliez au contentieux ou que vous partiez : savoir de quoi vous dépendez, et combien de temps il faudrait pour en sortir. Cela ne s'improvise pas, cela se mesure.
En un mot
J'avais un chiffre trop haut, PCSOFT l'a dit, je l'ai corrigé. Ce qui reste après correction n'est pas plus rassurant, c'est simplement plus juste : un prix qui triple, une unité de facturation absente du contrat cadre, et un montant qui dépend d'une négociation dont personne ne publie les règles.
Le calculateur est à jour, il est gratuit, il tourne dans votre navigateur et n'envoie aucune donnée. Refaites votre estimation, puis écrivez-moi si vous voulez la confronter à votre parc réel.
Calculer mon exposition PCSOFT (version corrigée du 10 août 2026)
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