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Blog · Série « Erreurs d'entreprise »

PCSOFT : l'État s'en mêle, la page Offres se durcit en silence

Trois faits publics, trois dates. Deux questions écrites déposées à l'Assemblée nationale, une analyse juridique publiée par un cabinet parisien, et une remise « Early Adopter » désormais assortie de conditions serrées sur la page Offres. Tout est sourcé, tout est vérifiable, et rien ne vient de moi : cette fois, ce sont les institutions qui posent les questions.

23 juin : la question n°16261, au ministère de l'Économie

Le député Philippe Latombe (Vendée) a déposé la question écrite n°16261, publiée au Journal officiel du 23 juin 2026. Elle décrit les pratiques commerciales constatées depuis le rachat de PC SOFT par Two Squared France II : conversion des licences perpétuelles en abonnements, hausses progressives, redevance sur des applications déployées chez des tiers sans lien contractuel avec l'éditeur, et verrouillage par le langage propriétaire WLangage. Elle pose aussi une question qui fâche : pourquoi le SISSE, le service de l'État chargé de la sécurité économique, n'a-t-il rien signalé au moment du rachat ?

30 juin : la question n°16481, l'angle sécurité nationale

Une semaine plus tard, le député Jérôme End (Moselle) dépose la question écrite n°16481, publiée au Journal officiel du 30 juin. L'angle change : au-delà de l'économie, la sécurité nationale. La question cite des utilisateurs stratégiques de ces outils : Éducation nationale, hôpitaux de Paris, certaines CPAM, contrôle aérien, défense, et des industriels comme Safran, Thales ou Dassault Aviation. Le député demande un recensement urgent des structures concernées et une évaluation des conséquences d'une interruption de service.

À la date où j'écris, le 28 juillet 2026, aucune de ces deux questions n'a reçu de réponse ministérielle. Une question écrite n'est ni un jugement ni une sanction : c'est une demande d'explication. Mais deux députés de bords différents, à une semaine d'intervalle, sur le même dossier, cela dit quelque chose du niveau d'alerte.

Début juillet : la page Offres évolue discrètement

Pendant ce temps, la page Offres officielle a changé, sans annonce. La remise « Early Adopter », déjà limitée à la première année, est désormais réservée aux abonnements expirant en 2027. Ceux qui expirent en 2026 ? Éligibles uniquement s'ils renouvellent au moins 90 jours avant l'échéance (constat relevé le 28 juillet 2026, condition signalée sur les forums dès le 6 juillet). Autrement dit : signez vite, réfléchissez après.

Je rappelle le contexte : le seul prix public à la session, 290 € HT, a été retiré du site mi-juillet. Restent des formules à prix barrés (Bronze à 890 € au lieu de 1 190, Silver à 3 500 au lieu de 4 690, Gold à 5 540 au lieu de 7 390) et, pour le reste, le devis. Une remise dont la fenêtre se referme 90 jours avant votre échéance, c'est une mécanique qui pousse au renouvellement anticipé, avant que les réponses ministérielles n'arrivent.

Ce qu'en disent les juristes

Le cabinet parisien Haas Avocats a publié le 30 juin une analyse des recours possibles face à ce qu'il nomme la « captivité logicielle ». Sa hiérarchie : l'abus de position dominante (article 102 TFUE, article L. 420-2 du Code de commerce) y est jugé le levier le plus solide ; la contestation de la conversion des licences perpétuelles et le déséquilibre significatif, des leviers intermédiaires ; le contrôle des investissements étrangers, le plus faible. C'est une analyse, pas une décision de justice : aucun tribunal ne s'est prononcé. Mais quand les cabinets commencent à publier des cartographies de recours, c'est que des dossiers se préparent.

Ce que ça change pour vous : rien, et c'est le point

N'attendez ni la réponse du ministère ni une décision de justice pour reprendre la main. Les deux peuvent prendre des années ; votre échéance de renouvellement, elle, a une date. La démarche ne change pas : mesurer d'abord votre exposition réelle (combien de sessions, quel serveur, quelle échéance), planifier ensuite une sortie par étages, à votre rythme, plutôt qu'une migration subie dans l'urgence. Mon métier n'est pas la polémique, c'est la sortie.

Le calculateur d'exposition est là pour la première étape : vos postes, vos applications, votre projection sur trois ans, sans envoyer aucune donnée.

À lire aussi : PCSOFT retire son seul prix public · Le serveur WebDev chiffré, un témoignage · Le Centre de Sécurité

Et vous, quelle est votre exposition ?

Chiffrez vos sessions et votre serveur en deux minutes, projection sur trois ans, puis parlons de la sortie par étages : sur pièces, à prix fixe.

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