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Migrer hors de WinDev : il n'y a pas de bouton magique

Depuis la tarification à la session, une question revient dans chaque échange : « on migre comment — et est-ce que l'IA peut le faire toute seule ? » La deuxième partie mérite une réponse franche, parce que le marché se remplit de promesses qu'il ne tiendra pas. Autant vous la donner tout de suite : pour une vraie application métier, le bouton magique n'existe pas. Et c'est une bonne nouvelle.

Le mythe de la moulinette

L'idée séduit : passer son projet dans un outil, récupérer du code moderne de l'autre côté. Pour un utilitaire de trois écrans, à la rigueur. Pour une appli métier — des centaines d'écrans, des milliers de règles accumulées sur dix ans — c'est un mirage. Les sources WinDev sont dans un format binaire fermé : il n'existe pas d'export automatique du code en clair. Et même si on l'avait, traduire ligne à ligne reviendrait à recopier les défauts de l'ancien monde dans le nouveau. On ne déménage pas une maison en photographiant chaque mur.

Ce qu'on migre, c'est l'intention

La valeur de votre application n'est ni dans sa plomberie WinDev, ni dans sa dépendance à HFSQL. Elle est dans ce qu'elle fait : vos cas d'usage, vos règles métier, ces arbitrages que le terrain a gravés dans le code au fil des ans. Migrer sérieusement, c'est d'abord récupérer ça — noir sur blanc, indépendamment de l'outil qui l'exécutait. Ce catalogue de règles a une valeur en soi : même sans une ligne réécrite, vous savez enfin, précisément, ce que fait votre appli.

Les données d'abord — et on les améliore

La base est le socle, et c'est l'étape la plus automatisable. HFSQL part vers PostgreSQL, libre et universel. Mais on ne recopie pas bêtement : on corrige au passage ce que les années ont laissé filer — clés bancales, contraintes absentes, et les pièges que je connais pour les avoir pratiqués (collation insensible à la casse et aux accents, encodage, ce NULL qui n'est pas une chaîne vide). Migrer en améliorant, pas en photocopiant les défauts.

Par étapes, chacune utile seule

Personne ne signe un chantier de plusieurs mois à l'aveugle. La méthode avance par étapes qui valent chacune pour elle-même : le cadrage vous donne un périmètre chiffré ; le reverse engineering, une spécification exploitable ; la migration de données, une base saine ; la charte, une identité. Vous pouvez vous arrêter à n'importe laquelle en ayant reçu quelque chose d'utilisable — pas une facture pour un livrable qui n'existera qu'à la fin.

Honnêtement, ce que ça demande

Je ne vais pas vous vendre un bouton. L'interface est le poste le plus lourd : repenser des écrans conçus pour le bureau vers le web ne s'automatise pas. L'IA accélère beaucoup — elle aide à récupérer les règles, à générer les squelettes, à dégrossir. Elle ne remplace ni le métier, ni les arbitrages, ni le regard de quelqu'un qui connaît les pièges de WinDev pour avoir pratiqué douze versions de la suite. C'est un vrai chantier. Mais un chantier balisé, mesurable, et qui vous rend enfin propriétaire de votre code, sur des technologies libres que n'importe qui pourra reprendre.

La sortie ne commence pas par une réécriture. Elle commence par savoir exactement de quoi vous dépendez, et combien ça vous coûte. C'est précisément ce que fait l'audit — sur pièces, à prix fixe, sans toucher à votre production.

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Avant de migrer, mesurez votre dépendance

Chiffrez votre exposition à la session, puis parlons de l'audit : périmètre, données, règles métier — sur pièces, à prix fixe.

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